23 juillet 2026

60e Festival Off Avignon : que voir en cette année 2026 (2ème partie)

De retour au festival d'Avignon, je tiens à vous présenter deux pièces qui intéresseront particulièrement les amoureux de la grande littérature du XXe siècle.

Appolinaire. Eclats d'amour

D'Apollinaire, on retient le rapport au temps, si particulier dans sa fluidité que ses vers rendent dans l'absence de ponctuation : une intensité vibrante de l'instant, et la mélancolie de ce que l'on y a déjà perdu à peine l'a-t-on vécu. Cette intensité, c'est celle de l'amour : celle des maîtresses aimées, par le coeur ou par la chair ; celle des amis chers, qui ne trahissent pas moins à l'occasion qu'une maîtresse ; celle de la mère, enfin, qui préfère toujours le frère et dont on ne cesse de quémander l'amour.


Le spectacle "Apollinaire. Eclats d'amour" condense en une heure la vie d'Apollinaire, au prisme de son coeur et de ses vers. Alors qu'il vient de recevoir un éclat d'obus à la tête, sur le front de la Grande Guerre, il convoque dans ses mots tous ceux qu'il a aimés, pour lui tenir compagnie au moment où la nuit s'abat sur lui.



Cette pièce, lyrique par bien des aspects, est portée par le toujours impeccable et monumental @pierre_jouvencel , dont je vous avais parlé l'an dernier pour son remarquable "Humanistes" (d'ailleurs toujours à l'affiche). Elle saura vous donner envie de vous replonger dans les vers du grand Apollinaire pour y retrouver la musique du coeur qui passe.





"Apollinaire. Eclats d'amour" se joue tous les jours au Théâtre des Corps Saints.
Attachée de presse : @annefustiercommunication


Diatribe d'amour contre un homme assis

Seule pièce de Gabriel García Márquez, "Diatribe d'amour contre un homme assis" est une pièce de révolte, amoureuse comme politique. Après 25 ans de mariage, Graciela étouffe auprès d'un mari qui la méprise autant qu'il méprise les employés de sa fabrique et les petites gens qui ont pour autant fait sa fortune. Graciela étouffe, mais trouve la force de crier sa colère et sa déception, de faire le tour de sa vie gâchée et de tirer sur elle, enfin, un trait.



Ce long monologue est porté avec force et justesse par la comédienne Catherine Alias, de manière d'autant plus impressionnante qu'elle donne souvent à entendre la langue originale du texte avant de le traduire : elle n'en perd jamais son naturel, et nous amène à prendre fait et cause pour Graciela, et à travers elle pour tous ceux qu'un pouvoir corrompu a laissés de côté ou écrasés.



Cette pièce puissante est à découvrir tous les jours à La Scierie.

Attachée de presse : @annefustiercommunication

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